Après plusieurs jours de silence consécutifs à son enlèvement par des individus non identifiés, Me Mohamed Traoré, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Guinée, est enfin sorti de son mutisme. Dans un message empreint d’émotion, de foi et de lucidité, l’avocat a tenu à remercier ses proches, ses collègues, et l’ensemble des citoyens pour leur soutien massif dans cette épreuve qu’il qualifie lui-même de « brutale ».
« En dépit des sévices que j’ai subis, je parviens à recouvrer ma santé grâce à mes médecins et surtout grâce à votre soutien moral », a-t-il écrit. Il confie avoir compris, à travers les nombreux témoignages de solidarité, qu’il n’était pas seul face à cette violence.
Un traumatisme personnel et familial
Dans ce message poignant, Me Traoré revient sur les circonstances douloureuses de son enlèvement. Il évoque avec pudeur la violence subie, non seulement par lui, mais aussi par ses proches, notamment sa fille aînée, giflée par un ravisseur. Ce moment, confie-t-il, a été un tournant : « J’ai compris que je les mettais en danger sans qu’ils n’aient eux-mêmes cherché cela. »
Un retrait temporaire
Conscient des risques que son engagement fait peser sur ses proches et lui-même, Me Traoré annonce sa décision de « faire une pause ». « Je voudrais faire une pause par respect pour ma famille et mes amis qui insistent pour que je fasse comme tout le monde », écrit-il.
Ce retrait, loin d’être une abdication, s’inscrit dans une réflexion personnelle profonde. Me Traoré rappelle qu’il a toujours agi en tant que citoyen soucieux de la bonne marche des affaires de son pays, même s’il reconnaît que ses prises de position ont pu le placer « dans la ligne de mire de certains ».
Alors que de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer justice et vérité sur cette affaire, l’ancien bâtonnier, lui, choisit le silence et la retraite – pour un temps – dans un geste de protection envers les siens.

