Face à l’enlèvement brutal de Me Mohamed Traoré, avocat au Barreau de Guinée, la riposte du corps judiciaire ne s’est pas fait attendre. Réunis en assemblée générale exceptionnelle ce lundi à Conakry, les avocats guinéens ont adopté une série de mesures fermes pour dénoncer cet acte jugé inacceptable et pour exiger justice.
Une mobilisation sans précédent
Dans une atmosphère tendue, mais résolue, les avocats ont décidé de suspendre toutes leurs activités professionnelles pendant deux semaines et concernera l’ensemble des juridictions du pays.
Cette décision marque le début d’une mobilisation inédite du Barreau guinéen, qui ne compte pas s’arrêter là. En signe de protestation, l’ordre des avocats a également annoncé le retrait immédiat de ses représentants des instances de la transition et des différentes commissions mises en place par les autorités en place.
Justice pour Me Traoré
Déterminé à obtenir des réponses, le Barreau entend porter l’affaire sur le terrain judiciaire. Une action en justice sera engagée contre les auteurs et commanditaires présumés de l’enlèvement de Me Mohamed Traoré. Pour garantir un suivi transparent et efficace, une commission spéciale sera chargée de surveiller le déroulement de la procédure.
Un avertissement clair au pouvoir de transition
Ces mesures, bien que fortes, ne sont qu’un premier pas. Les avocats ont lancé un ultimatum de deux semaines aux autorités. Si aucune avancée concrète n’est constatée à l’issue de cette période — ni sur l’enquête, ni sur le respect de l’autorité judiciaire — une nouvelle assemblée générale sera convoquée pour envisager le durcissement de la mobilisation, pouvant aller jusqu’à une grève illimitée.
Par cette action coordonnée, les avocats guinéens veulent non seulement obtenir justice pour leur confrère, mais aussi défendre l’honneur de leur profession et rappeler que la justice ne saurait être réduite au silence par la force.

