Les membres de la Fédération nationale des boulangers et pâtissiers de Guinée était face à la presse ce lundi à la minière pour exposer ses ambitions et les défis du secteur. Au cœur des échanges : la structuration de la filière, la promotion des produits locaux et la professionnalisation du métier de boulanger et pâtissier.
Actuellement forte de 23 membres, la fédération entend d’abord connaître le nombre exact de boulangers opérant sur le territoire national. Un recensement jugé indispensable pour mieux organiser le secteur, contrôler le marché et stabiliser les prix, notamment celui de la baguette de pain.
Promouvoir le maïs et le fonio
Parmi les priorités affichées figure la valorisation des produits locaux tels que le maïs et le fonio. L’objectif est double : réduire la dépendance aux importations de farine de blé et proposer un pain à moindre coût aux consommateurs.
Selon les responsables, cette orientation pourrait permettre de vendre la baguette à un prix plus accessible, tout en soutenant les producteurs locaux et en dynamisant l’économie nationale.
Vers une professionnalisation du secteur
La formation, la modération, la structuration et la professionnalisation constituent les piliers du plan d’action de la fédération. Les boulangers dénoncent notamment le manque d’encadrement dans la profession, qui freine son développement.
« Ce qui était difficile, c’était d’obtenir la fédération. Aujourd’hui, c’est fait. L’État est prêt à nous accompagner. Pour professionnaliser le secteur, c’est tout un processus », a déclaré Alpha Boubacar Diallo, président de la Fédération, qu’il présente comme la seule structure de référence pour toutes les questions liées à la boulangerie et à la pâtisserie en Guinée.
Les responsables ambitionnent également de faire évoluer la boulangerie artisanale vers une boulangerie industrielle. Une transition qui, selon eux, permettrait d’améliorer la productivité, de mieux répondre à la demande et de s’inscrire dans une dynamique plus respectueuse des normes modernes, notamment face aux défis liés aux changements climatiques.
Mettre l’accent sur l’hygiène et la réglementation
De son côté, Amadou Adama Diallo, premier vice-président de la fédération, a insisté sur la nécessité d’harmoniser les pratiques et de renforcer les règles d’hygiène.
« Dans d’autres pays, des décrets précisent même comment un boulanger doit s’habiller lorsqu’il fait le pain. Nous saluons cette unification qui va nous permettre de mieux structurer le secteur et de favoriser l’hygiène dans la production », a-t-il souligné.
À travers cette sortie médiatique, la Fédération nationale des boulangers et pâtissiers de Guinée affiche clairement sa volonté de transformer en profondeur la filière. Entre recensement des acteurs, promotion des matières premières locales et encadrement professionnel, les boulangers espèrent bâtir un secteur plus compétitif, mieux organisé et au service des consommateurs guinéens.

