Ce vendredi marque le quatrième anniversaire du coup d’État militaire du 5 septembre 2021, une date qui reste gravée dans la mémoire collective des Guinéens. Ce jour-là, les forces spéciales dirigées par le colonel Mamadi Doumbouya devenu plus tard général avaient mis fin au régime du président Alpha Condé, ouvrant une nouvelle page de l’histoire politique du pays.
Le 5 septembre 2021, aux premières heures de la matinée, des tirs nourris avaient été entendus aux abords du palais présidentiel de Sékhoutouréya. Quelques heures plus tard, les militaires annonçaient à la télévision nationale la destitution du chef de l’État, la dissolution des institutions et la suspension de la Constitution. Le président Alpha Condé, alors âgé de 83 ans et fraîchement réélu pour un troisième mandat contesté, avait été arrêté.
Les putschistes, réunis sous la bannière du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), justifiaient leur action par la nécessité de « sauver la nation », dénonçant la corruption et la mauvaise gouvernance. Le colonel Mamadi Doumbouya, jusque-là peu connu du grand public, avait alors déclaré que « l’armée avait pris ses responsabilités devant le peuple ».
quatre ans après, cette journée du 5 septembre suscite toujours débats et émotions. Pour certains, elle symbolise la fin d’un système jugé verrouillé par le régime Condé. Pour d’autres, elle a ouvert une période d’incertitude marquée par des promesses de transition démocratique encore inachevées.
Alors que la Guinée commémore ce nouvel anniversaire, les interrogations demeurent sur l’avenir du pays, la durée de la transition et le retour effectif à l’ordre constitutionnel. Mais une chose est sûre : le 5 septembre reste une date charnière, rappelant le basculement brutal du pouvoir et la volonté des militaires de s’imposer comme arbitres du destin national.

