Une délégation du Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), accompagnée de représentants du Conseil national de la transition (CNT) et de la société civile guinéenne, a rencontré ce mercredi des autorités du pays pour évoquer les défis liés au trafic de drogues et de faux médicaments, un fléau grandissant en Guinée et dans toute la sous-région.
Lors de cette rencontre, le ministre guinéen de la santé Dr Oumar Diouwe Bah a pris la parole pour exprimer son inquiétude face à l’ampleur du phénomène, dénonçant une chaîne de complicités internes qui favorise l’importation et la distribution de ces produits illicites.
> « La drogue, qui l’importe ? Qui la distribue ici ? Et les médicaments, qui continue à en importer ? Il y a forcément une complicité interne. Il faut aller au-delà des discours pour poser des actes concrets. (…) La Guinée a été accusée d’être la porte d’entrée des faux médicaments pour la sous-région. Il faut donc une coopération régionale accrue pour mettre fin à ce trafic », a-t-il déclaré avec fermeté.
Le ministre a ainsi appelé à une mobilisation conjointe des pays membres de la CEDEAO pour lutter efficacement contre ces réseaux transnationaux, responsables de graves conséquences sanitaires et sociales dans la région.
De son côté, Keamou Bogola, ministre de la jeunesse a mis l’accent sur l’impact direct de ce fléau sur les jeunes guinéens. Il a insisté sur l’urgence d’agir pour préserver une génération déjà vulnérable à la précarité et au chômage.
> « Ce fléau touche particulièrement la jeunesse. Nous comptons sur le soutien du Parlement de la CEDEAO pour appuyer notre programme d’occupation saine et pour renforcer nos actions contre les importateurs de drogues », a-t-il plaidé.
La visite de cette délégation intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des saisies de drogues en Guinée. Les autorités guinéennes espèrent que cette mission parlementaire débouchera sur des engagements concrets de coopération, notamment en matière de contrôle aux frontières, de traçabilité des produits pharmaceutiques et de renforcement des programmes de prévention.

