Réunis en assemblée générale à la Bourse du travail, les structures syndicales du secteur de l’éducation, notamment le Syndicat national de l’éducation (SNE) et la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE), ont exprimé leur ras-le-bol face à ce qu’elles qualifient d’inaction des autorités.
Dans une ambiance marquée par la détermination, les enseignants ont scandé des slogans sans équivoque : « À bas les caoutchoucs noirs, à bas la corruption, à bas les enseignants mendiants… », traduisant leur exaspération face aux conditions de travail et à la gestion du système éducatif.
À l’issue des échanges, l’intersyndicale a annoncé un ultimatum clair adressé au gouvernement. Un moratoire de cinq jours, courant du lundi au vendredi, a été accordé pour satisfaire leurs revendications prioritaires. Selon Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE, « Si, du lundi au vendredi, les arrêtés conjoints ne sont pas signés et que les trois commissions ne sont pas mises en place, nous convoquerons une assemblée générale extraordinaire le samedi suivant ».
Le responsable syndical a tenu à préciser que le mouvement de grève enclenché depuis le 1er décembre 2025 n’a jamais été totalement abandonné. « Il ne sera même pas nécessaire de déposer un nouveau préavis. Un simple communiqué suffira pour lever la suspension et relancer la grève », a-t-il insisté.
Dans la même dynamique, l’intersyndicale interpelle directement le chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, en lui laissant le temps de se saisir du dossier. « Nous donnons au gouvernement un délai moratoire qui va courir jusqu’à vendredi prochain […] un simple communiqué de levée des suspensions suffira pour que la grève reprenne le lundi 20 avril à venir »), ont déclaré les syndicalistes.
Cette menace de reprise de la grève intervient dans un contexte déjà fragile. Les programmes d’enseignement ont connu de nombreuses perturbations, affectant le bon déroulement de l’année scolaire.
Sauf réaction rapide des autorités, le secteur de l’éducation pourrait ainsi replonger dans une nouvelle crise sociale aux conséquences imprévisibles.

