L’Organisation de défense des droits de l’homme (ODGH) a récemment présenté un projet dédié au renforcement de l’accès à la justice pour les personnes les plus vulnérables. À cette occasion, Maître DS Bah a détaillé les contours de cette initiative ainsi que les résultats obtenus depuis son opérationnalisation.
Dans son exposé, l’avocat a mis en lumière une réalité préoccupante : de nombreux détenus restent en prison pendant de longues années, faute de moyens financiers pour se faire assister par un avocat.
« Il est important que toutes les personnes qui ont besoin de la justice puissent y accéder de façon plus libre et beaucoup plus efficiente. Malheureusement, le fait que des personnes soient vulnérables, parce qu’elles n’ont pas les moyens économiques, les empêche de s’offrir les services d’un avocat », a-t-il déclaré.
Un projet soutenu par des partenaires internationaux
Ce projet, soutenu notamment par le Royaume-Uni, s’inscrit dans la continuité de plusieurs collaborations avec des partenaires internationaux tels que l’Union européenne et d’autres institutions spécialisées.
« Nous avons obtenu les faveurs du Royaume-Uni qui nous a permis de mettre en place ce projet, dont l’objectif essentiel est de pallier à l’insuffisance du système judiciaire », a expliqué Me DS Bah.
Des dysfonctionnements persistants
L’avocat a dénoncé plusieurs failles du système judiciaire guinéen, notamment le recours excessif à la détention préventive et la lenteur des procédures.
« Nous avons le recours systématique à la détention préventive. C’est l’une des causes qui fait que des personnes qui auraient dû être en liberté se retrouvent de façon prolongée en détention . Quand quelqu’un met huit ans en détention préventive, c’est extrêmement grave, car le procès équitable suppose aussi un jugement dans un délai raisonnable », a-t-il insisté.
Pour faire face à cette situation, l’ODGH a mis en place des cliniques juridiques chargées d’identifier les détenus sans assistance et de faciliter leur prise en charge.
« Les personnes en détention n’ont pas accès aux avocats. Ce sont nos juristes qui vont dans les prisons pour identifier celles qui ont besoin d’un avocat et préparer leurs dossiers (…) Sur les dossiers criminels, nous avons déjà obtenu 27 dossiers jugés. Au total, 47 détenus ont bénéficié de nos services, dont quatre femmes. La plupart ont été libérés après plusieurs années de détention », a-t-il précisé.
Concernant les affaires correctionnelles, 17 dossiers ont été traités, avec une dizaine encore en cours.
Des difficultés structurelles dans certaines juridictions
Le projet a toutefois été confronté à des obstacles, notamment le manque de magistrats dans certaines juridictions.
« À Kindia, il n’existe qu’un seul procureur, ce qui rend impossible la tenue des audiences criminelles. C’est une situation très grave », a dénoncé l’avocat qui a poursuivi en disant qu’« Il faut que ces situations cessent et que des mécanismes clairs soient mis en place pour garantir un procès équitable à chaque citoyen », a conclu Me DS Bah.

