L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran depuis 1989, est décédé à l’âge de 86 ans. La télévision d’État iranienne a confirmé son décès dimanche à 5 heures locales (1h30 GMT), au lendemain d’intenses bombardements menés par États Unis et Israël contre des cibles stratégiques iraniennes.
Selon les autorités iraniennes, le dirigeant aurait été tué samedi 28 février lors d’une opération militaire américano-israélienne.
Une figure centrale du régime iranien
Né en 1939 à Machhad, Ali Khamenei avait accédé au poste de guide suprême en 1989, après la mort du fondateur de la République islamique. À la tête du pays pendant près de quatre décennies, il détenait l’autorité ultime sur les institutions politiques, militaires et religieuses de l’Iran.
Son long règne a été marqué par une politique intransigeante face à l’Occident, notamment sur le dossier du nucléaire iranien, qui a suscité sanctions économiques et crises diplomatiques répétées. Il a également consolidé l’influence régionale de Téhéran à travers un réseau d’alliés et de groupes armés au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen, accentuant la rivalité stratégique avec Israël et les États-Unis.
Un pouvoir contesté à l’intérieur
À l’intérieur du pays, Ali Khamenei faisait face à une contestation récurrente, portée par des mouvements populaires dénonçant la répression politique, les restrictions des libertés individuelles et la dégradation des conditions économiques. Plusieurs vagues de manifestations ont secoué l’Iran ces dernières années, mettant en lumière les fractures d’une société en quête de réformes.
Malgré ces défis, le guide suprême avait maintenu un contrôle étroit sur l’appareil d’État, s’appuyant notamment sur les Gardiens de la révolution pour préserver la stabilité du régime.
Une région au bord de l’embrasement
Sa mort intervient dans un contexte d’extrême tension. Les frappes revendiquées par Washington et Tel-Aviv visaient, selon leurs responsables, à neutraliser des infrastructures militaires et nucléaires iraniennes. Téhéran dénonce une « agression » et promet une riposte.
La disparition d’Ali Khamenei ouvre désormais une période d’incertitude politique majeure en Iran. Conformément à la Constitution, l’Assemblée des experts devra désigner son successeur, un processus susceptible de redessiner l’équilibre du pouvoir au sein du régime.
Au-delà de l’Iran, c’est l’ensemble du Moyen-Orient qui retient son souffle, alors que le décès de cette figure centrale pourrait rebattre les cartes d’un échiquier géopolitique déjà profondément instable.

