Le lundi 23 février 2026 marque un nouveau rebondissement dans le long processus judiciaire lié au massacre du 28 septembre 2009. Après quatre années de détention, Jean-Louis Pogomou, Georges Olemou et Thomas Douaro ont quitté libres le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à Kaloum.
Cette remise en liberté ne résulte pas d’une décision sur le fond du dossier. Elle fait suite à une irrégularité de procédure. Le juge Aboubacar Thiam a en effet déclaré « nulle et de nul effet » l’ordonnance de renvoi prise en 2023, se conformant ainsi aux décisions antérieures rendues par la Cour d’appel et la Cour suprême.
Du côté de la défense, la décision est saluée comme une victoire juridique. Les avocats des accusés dénoncent depuis plusieurs années des dysfonctionnements dans la conduite de la procédure et voient dans cette décision la reconnaissance du respect des garanties légales.
À l’inverse, les parties civiles expriment leur profonde inquiétude. Elles estiment que cette libération ravive la douleur des victimes et redoutent un enlisement du dossier. Leurs représentants ont annoncé leur intention de faire appel, déterminés à obtenir un jugement sur le fond des faits.
Car au-delà des considérations procédurales, le dossier concerne des accusations graves : assassinats, viols, actes de torture et violences commis lors des événements du 28 septembre 2009. À ce stade, aucune décision définitive n’a encore été rendue sur les responsabilités individuelles dans ces crimes.
Cette nouvelle évolution relance ainsi le débat sur les défis du système judiciaire guinéen, partagé entre exigences de rigueur procédurale et attente de justice pour les victimes. Plus de seize ans après les faits, le procès du 28 septembre demeure un dossier sensible, au cœur des enjeux de mémoire, de vérité et de réparation pour la société guinéenne.

