Les réactions sont nombreuses depuis cette opération militaire américaine qui a conduit aux frappes sur Caracas et à l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dit que c’est un dangereux précédent et que le droit international n’a pas été respecté. L’Union européenne (UE) a appelé au respect du droit international et rappelle son attachement à une transition démocratique et pacifique au Venezuela. En Afrique aussi, de nombreuses voix se sont fait entendre.
Il y a d’abord la réaction de l’Union africaine (UA). L’organisation a bien pesé ses mots. Pas de condamnation directe de l’action militaire des États-Unis au Venezuela, mais un rappel clair des principes. L’Union africaine réaffirme son attachement au droit international, au respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle insiste aussi sur l’importance du dialogue, du règlement pacifique des différends et appelle l’ensemble des parties à la retenue.
Dans un communiqué publié dimanche dans la soirée, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) « reconnaît le droit des États à combattre les crimes internationaux, y compris le terrorisme et le trafic de drogues », arguments invoqués par Donald Trump pour justifier l’enlèvement du président vénézuélien. Mais la Cédéao rappelle également « à la communauté internationale son obligation de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun », principe fondamental de la charte des Nations unies. Une manière de dénoncer sans attaquer frontalement les États-Unis. La Cédéao reprend l’appel de l’UA qui demande un « dialogue politique inclusif entre les Vénézuéliens eux-mêmes ».
Fermeté sud-africaine
Au niveau des États africains, l’Afrique du Sud est beaucoup plus ferme. Pretoria parle d’une violation manifeste de la Charte de l’ONU. « L’histoire a démontré à maintes reprises que les invasions militaires contre des États souverains ne produisent que de l’instabilité et l’aggravation des crises », selon Pretoria, qui estime également que « le recours illégal et unilatéral à la force […] compromet la stabilité de l’ordre international ». L’Afrique du Sud rappelle que le droit international n’autorise pas d’intervention militaire extérieure dans les affaires internes d’un État souverain. Elle appelle le Conseil de sécurité à se réunir d’urgence au côté de Caracas.
Même ligne ferme pour la Namibie, qui fait part de son « grand choc » après la « violation de la souveraineté du Venezuela et du droit international », et réaffirme sa « solidarité » avec le Venezuela, fondée sur « une histoire commune de lutte anticoloniale pour l’auto-détermination et l’indépendance ». La Namibie dit soutenir toutes les initiatives multilatérales pour assurer le respect du droit international et la souveraineté des nations.
Le Ghana a quant à lui exprimé ses « fortes réserves contre l’usage unilatéral de la force » et fustigé les déclarations de Donald Trump, qui a annoncé que les États-Unis comptaient diriger le Venezuela et exploiter son pétrole pendant une période de transition. « Ces déclarations rappellent l’ère coloniale et impérialiste, tempête Accra. Elles créent un dangereux précédent pour l’ordre mondial. De telles ambitions coloniales n’ont pas leur place dans l’ère post-Seconde Guerre mondiale ». Le Ghana prône « une désescalade immédiate et à la libération du président Maduro et de son épouse ».
De son côté, le ministre des Affaires étrangères du Tchad a indiqué s’être entretenu samedi avec son homologue vénézuélien, avant d’exprimer « l’attachement du Tchad au respect du droit international, dont dépend l’existence d’un ordre mondial juste » et « l’importance de préserver la paix, la stabilité et l’intégrité territoriale du Venezuela ».
Avec RFI

