Lors de la deuxième session du Collège des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), tenue au Mali, le Président de la transition du Burkina Faso a livré un discours marqué par de fortes métaphores et un ton d’alerte. Revenant sur les bouleversements politiques récents, Ibrahima Traoré a mis en garde contre ce qu’il qualifie d’« hiver noir » qui menacerait l’Afrique de l’Ouest.
Évoquant les conséquences du printemps arabe, le chef de l’État burkinabè a rappelé que ce phénomène, présenté à l’origine comme porteur d’espoir, a profondément déstabilisé plusieurs régions.
« Vous avez certainement tous déjà entendu parler du printemps arabe, ce phénomène qui a bouleversé la joie politique du monde arabe (…) jusqu’à manifester des divisions désastreuses et des bouleversements politiques sans précédent », a-t-il déclaré.
Selon le président Traoré, l’Afrique de l’Ouest serait aujourd’hui exposée à un danger similaire. « Il y a quelque chose qui vient sur l’Afrique de l’Ouest. Je l’ai appelé l’hiver noir. L’hiver arrive, un hiver très froid, un hiver meurtrier », a-t-il averti, appelant les peuples africains à ne pas rester passifs face aux menaces qui pèsent sur leur avenir.
Dans son intervention, le Président burkinabè a insisté sur la nécessité de préparer les sociétés africaines à affronter cette période difficile. « Dieu nous avertit chaque jour de trouver de quoi allumer un feu, un feu qui va réchauffer le cœur des Africains, les mentalités et le sol africain », a-t-il souligné.
Le chef de l’État a également dénoncé les divisions internes et les manipulations, notamment à travers les réseaux sociaux et certains médias. « Ils cherchent à diviser les communautés sur les réseaux sociaux (…) ils crachent des venins toxiques pour attiser la haine ».
Face à ces défis, le Président de la transition a plaidé pour l’unité et la solidarité au sein de l’AES. « Nous sommes unis et nous resterons unis. Aucune manipulation ne doit nous diviser », a-t-il martelé.
Il a enfin appelé à l’affirmation de l’Afrique sur la scène internationale. « Nous allons nous développer, nous allons nous affirmer et avoir notre place dans le concert des nations », a-t-il déclaré.

