Présenté par les autorités guinéennes comme un levier majeur de développement économique et de création massive d’emplois, le mégaprojet minier de Simandou connaît aujourd’hui une réalité plus contrastée. Quelques semaines seulement après son lancement officiel, des milliers de travailleurs ont déjà perdu leur emploi.
Selon une source proche du dossier, le nombre de travailleurs maintenus est bien inférieur aux prévisions initiales. Cette situation ferait suite à une réévaluation des risques, ayant entraîné une modification du plan de départ et le report de la livraison de plusieurs chantiers stratégiques.
C’est notamment le cas du port minéralier de Morebayah, situé dans le sud-est de la Guinée maritime. D’après les informations relayées par nos confrères de RFI, aucune démobilisation n’est prévue avant décembre 2026 du côté de Rio Tinto, l’un des principaux partenaires du projet. Cette décision s’inscrirait dans un contexte d’« alignement stratégique avec le gouvernement guinéen », à l’approche notamment de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre prochain.
Du côté Winning Consortium Simandou également engagé dans le projet, aucune communication officielle n’a été faite. Toutefois, selon des sources concordantes sur le terrain, des milliers de travailleurs ont perdu leur emploi depuis le mois de juin. Leur mission sur la portion du port minéralier qui leur était confiée est désormais achevée, tout comme les travaux sur certaines sections du chemin de fer.
Chez Rio Tinto, la situation est similaire. Environ 5 000 travailleurs auraient été remerciés, conséquence directe de l’ajustement du calendrier et de la réorganisation des priorités du projet.

