La grève générale illimitée déclenchée le 1er décembre par le duo syndical SNE–FSPE continue de paralyser le secteur éducatif en Guinée. Écoles fermées, élèves livrés à eux-mêmes, tensions dans certaines localités… alors que la crise s’enlise, le secrétaire général du Syndicat national de l’Éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, s’est exprimé auprès de nos confrères d’Africaguinee.com pour préciser les exigences des grévistes et les conditions d’une éventuelle suspension du mouvement.
Selon Michel Pépé Balamou, la grève a été déclenchée pour attirer l’attention du gouvernement sur « la dégradation des conditions de vie et de travail des enseignants.
Le syndicaliste estime que l’exécutif tarde à prendre la mesure de la crise :
« Il revient au gouvernement de faire prévaloir sa responsabilité sociale en période de crise. La situation est très critique », a-t-il souligné.
L’audio qui a mis le feu aux poudres
Interrogé sur les troubles enregistrés dans plusieurs écoles du pays, le secrétaire général du SNE pointe du doigt un message audio attribué à la directrice des ressources humaines du MEPU-A. Selon lui, la demande faite aux inspecteurs de recenser les enseignants absents aurait été perçue comme une « intimidation », durcissant ainsi les positions du syndicat.
Il précise cependant que les enseignants ne sont pas responsables des débordements observés :
« Aucun enseignant n’a été vu dans la rue. Nos consignes étaient très claires : rester à la maison », a-t-il affirmé.
Quelles conditions pour suspendre la grève ?
Michel Pépé Balamou assure que l’intersyndicale n’exclut pas le dialogue, mais exige que les discussions portent sur les revendications jugées essentielles. Parmi les principales exigences figurent :
• La révision du statut particulier de l’Éducation, considérée comme la priorité numéro un.
• L’intégration des enseignants contractuels communaux non retenus, ainsi que ceux de Conakry.
• Le déblocage des salaires et le paiement des arriérés et primes des enseignants affectés par des retenues.
• La titularisation des enseignants et stagiaires issus du « concours tablette ».
• Le paiement des primes de fonction pour les hauts cadres du système éducatif.
Le syndicat affirme que si le gouvernement ouvre des négociations sincères autour de ces points, il n’y aura « aucun obstacle » à une suspension provisoire de la grève.
La base décidera
Toute décision de suspension dépendra toutefois de la base syndicale, insiste Michel Pépé Balamou.
« La base est souveraine. Nous convoquerons une assemblée générale extraordinaire. C’est à l’issue de cette consultation que la suite du mouvement sera décidée. »
Des tractations en cours
Le leader du SNE confirme par ailleurs que des discussions informelles sont en cours entre le syndicat, le gouvernement et certaines instances du mouvement syndical guinéen. Il se dit optimiste quant à un rapprochement des positions « dans les heures ou les jours à venir », d’autant plus que le pays se trouve dans une période électorale sensible.

