Réunies en conférence de presse conjointe ce lundi à Conakry, l’Alliance des Forces pour la Démocratie et le Développement (AFDD) et l’Union Sacrée des Forces Vives de Guinée ont tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’elles qualifient de “dysfonctionnements” et de “contradictions” dans le processus électoral en cours. Les deux alliances politiques appellent à une révision du code électoral et demandent le report de l’élection présidentielle prévue pour le 28 décembre 2025.
« Il est de notre devoir républicain de sonner l’alarme sur certains dysfonctionnements qui pourraient être sources de potentielles crises électorales », a souligné la déclaration commune.
L’AFDD et l’Union Sacrée ont relevé plusieurs incohérences entre la nouvelle Constitution et le code électoral récemment adopté. Parmi les points soulevés :
la contradiction entre certaines dispositions du code électoral et les garanties constitutionnelles. C’est notamment la non-conformité de l’article 127 du code électoral à l’article 45 de la Constitution concernant l’âge minimum pour être candidat à la présidence ;
le caractère restrictif de l’article 248, qui limite le parrainage des candidatures indépendantes au maire.
la confusion entre les structures électorales OANSUR, DGE et OTIGE, dont les rôles semblent se chevaucher.
Les deux formations affirment que ces irrégularités montrent que le contrôle de conformité des lois organiques à la Constitution n’a pas été observé avant leur promulgation.
« Si le président accède à cette demande légitime, cela permettra de mettre tous les acteurs en confiance et de rouvrir un couloir de concertation permanent sur le processus électoral », ont indiqué les responsables des deux structures.
Ils ont également dénoncé le maintien de l’âge minimum pour la candidature à la présidence, fixé par la Constitution, estimant qu’il est en déphasage avec la Charte africaine de la jeunesse, laquelle reconnaît la catégorie des 18-35 ans comme jeunes citoyens.
« L’histoire de la Guinée, marquée par le rôle décisif de la jeunesse dans la lutte pour l’indépendance, plaide pour une ouverture démocratique à cette frange dynamique de la population », a rappelé la déclaration.

