Alors que l’offensive israélienne sur la ville de Gaza se durcit et que des bâtiments de plusieurs étages sont détruits, près d’un million de Palestiniens risquent d’être déplacés de force vers le sud de l’enclave. Dans ce contexte, le flot des blessés risque d’augmenter. Déjà exsangues, les hôpitaux de Gaza comptent beaucoup sur la présence de médecins étrangers volontaires venus les épauler. Pour eux, ce sont bien plus que des confrères qui les rejoignent, ce sont aussi des témoins de la situation sur place. Une entrée sur le territoire palestinien qui ne peut se faire, cependant, qu’avec l’accord des autorités israéliennes et qui est parfois bien compliquée
« Rien au monde ne vous prépare à ce que vous allez voir à Gaza ». Après deux séjours d’un mois dans la bande de Gaza, le docteur Mimi Syed, médecin urgentiste américaine, a fait le tour des plateaux télé pour témoigner.
Elle nous confie que ces témoignages lui ont probablement coûté cher. « La dernière fois que j’ai tenté d’y aller c’était le 21 août dernier de cette année. Mon nom était écrit en rouge ainsi que celui d’un autre médecin de France », explique-t-elle. « Comme moi, elle a déjà été à Gaza et comme moi, elle aussi a été très bavarde dans les médias. Nous avons aussi parlé à des officiels de nos pays respectifs. »
Une centaine de médecins interdits d’entrée à Gaza
En trois mois, le docteur Syed dit avoir eu vent d’au moins cent médecins interdits d’entrée à Gaza par les autorités israéliennes. De quoi inquiéter le docteur Azra Zyada. Ce médecin palestino-britannique est membre d’un observatoire qui documente les exactions envers le personnel médical à Gaza.
« Dans la situation actuelle, la présence de médecins étrangers à Gaza permet de protéger indirectement les hôpitaux », indique le docteur Azra Zyada. « Récemment par exemple, les fenêtres de l’hôpital Nasser ont été visées par des tirs de snipers, les travailleurs médicaux étrangers ont alors prévenu leurs ambassades pour leur demander d’intervenir. Les Palestiniens, eux, n’ont pas ce luxe de protection. »
Des médecins étrangers qui font face à un dilemme. Continuer à témoigner au risque d’être interdits d’entrée à Gaza ou se contenter de soigner exclusivement au risque d’invisibiliser davantage la tragédie de Gaza.
Avec RFI

