Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi à la Minière, le président du BL (Bloc Libéral), Dr Faya Millimono, a vivement critiqué les promoteurs du projet de nouvelle Constitution. Selon lui, les arguments avancés pour convaincre les citoyens relèvent plus de la manipulation que de la réalité.
« On est en train de dire aux Guinéens que si cette Constitution est adoptée, l’enseignement et l’éducation seront gratuits. Ce n’est pas vrai », a-t-il dénoncé devant les journalistes. Pour appuyer ses propos, l’opposant a rappelé que la gratuité de l’éducation figurait déjà dans toutes les Constitutions que la Guinée a connues : celles de 1958, 1982, 1990, 2010 et 2020. « Ils n’ont fait que reconduire ce qui existait déjà », a-t-il insisté.
Au-delà du texte, Dr Faya Millimono a pointé les réalités quotidiennes auxquelles font face les familles guinéennes. « Il y a des parents d’élèves ici qui utilisent les charrettes pour trouver de l’argent afin d’envoyer leurs enfants dans les écoles privées. Parce qu’il y a des quartiers entiers à Conakry où il n’y a aucune école publique, ni primaire ni secondaire. À Conakry, s’il n’y avait pas d’école privée, trois enfants sur cinq n’iraient pas à l’école », a-t-il regretté.
Pour le leader politique, le décalage entre les promesses constitutionnelles et la réalité de terrain traduit un » mensonge » permanent qui mine la gouvernance du pays depuis des décennies. « Le mensonge a toujours caractérisé ce pays. Je dis au peuple de Guinée : faites très attention », a-t-il lancé en guise d’avertissement.
Cette sortie de Dr Faya intervient à trois semaines du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre 2025, un rendez-vous qui continue de susciter débats, divisions et controverses sur l’ensemble du territoire.

