Avec 11 336 demandes d’asile en France, la Guinée occupe premier rang des pays africains, demandeurs d’asile. C’est ce que révèle un rapport publié par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
L’organisme constate une hausse préoccupante de 47,8 % des demandes d’asile guinéennes en l’espace d’un an, une augmentation qui reflète, selon l’Ofpra, la détérioration de la situation politique due au coup d’Etat intervenu dans le pays le 5 septembre 2021.
Une instabilité politique persistante
« La demande d’asile guinéenne a connu des évolutions suite au coup d’État du 5 septembre 2021 et à la prise de pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) », analyse l’Ofpra. Depuis cette date, la répression visant les opposants politiques et les membres de la société civile s’est intensifiée, poussant de nombreux citoyens à fuir le pays.
Les militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition, constituaient une part importante des requérants. Plus récemment, les membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), mouvement de la société civile dissous en 2022, sont également nombreux à solliciter la protection de la France.
Un profil de demandeurs qui évolue
Outre les motifs politiques, l’Ofpra note un phénomène nouveau : une hausse significative des demandes déposées par des femmes guinéennes, souvent victimes de violences sexuelles ou d’autres formes de violences basées sur le genre. Ces témoignages viennent enrichir un constat déjà alarmant sur les atteintes aux droits humains dans le pays.
Depuis 2015, la Guinée figure régulièrement parmi les principaux pays d’origine des demandeurs d’asile en France, et les derniers chiffres confirment que la situation reste critique. Alors que les autorités guinéennes peinent à restaurer un climat politique apaisé, l’exil reste, pour de nombreux citoyens, la seule voie vers la sécurité.

