Le Syndicat National de l’Éducation (SNE) hausse le ton face à ce qu’il qualifie de « dérive inquiétante » dans le traitement réservé aux enseignants en Guinée. Dans un communiqué rendu public, l’organisation syndicale dénonce des « détentions arbitraires », des actes d’humiliation dans certaines écoles privées ainsi que des attaques verbales visant les enseignants sur les réseaux sociaux.
Le SNE condamne notamment « avec la plus grande fermeté la détention » d’un enseignant au commissariat central de Guéckédou, tout en exigeant également « la libération immédiate et sans condition » d’un autre enseignant placé en garde à vue à la gendarmerie de l’OPROGEM de Belle-Vue.
Face à cette situation, le syndicat interpelle directement le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation ainsi que celui de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, l’invitant à « prendre toutes ses responsabilités afin de siffler la fin de la récréation ».
Dans son communiqué, le SNE alerte sur la dégradation progressive de la fonction enseignante en Guinée. « À l’allure où vont les choses, si l’on n’y prend pas garde, le métier d’enseignant sera complètement dévoyé », prévient le syndicat, estimant que l’État risque de ne « plus trouver personne pour enseigner aux enfants de la République ».
L’organisation syndicale pointe également du doigt ce qu’elle appelle une « démission parentale flagrante » dans l’éducation des enfants. Selon le SNE, « l’école n’est ni un dépotoir, ni une poubelle dans laquelle on vient déverser des enfants n’ayant reçu aucune valeur éducative en famille ».
Par ailleurs, le syndicat s’en prend à une cyberactiviste identifiée comme Kadii Tounkara, accusée d’avoir traité les enseignants de « moutons » sur Facebook. Le SNE considère ces propos comme « une insulte grave pour toute la corporation » et accorde à l’intéressée un délai de 72 heures pour présenter des excuses publiques et retirer ses publications, faute de quoi une action judiciaire sera engagée.
En guise de pression, le Syndicat National de l’Éducation menace d’appeler les enseignants à suspendre les activités « Nous demanderons à tous les enseignants de rester à la maison jusqu’à l’obtention de sa liberté totale », avertit le communiqué.
Le Bureau Exécutif National du SNE appelle enfin l’ensemble des enseignants du pays à « rester vigilants et mobilisés pour mener ce combat de l’honneur et de la dignité ».
