Le procès opposant le parquet spécial au directeur général de l’hôpital Hôpital Jean Paul II, Soriba Soumah, et ses coaccusés, s’est ouvert ce lundi devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Les prévenus, dont Ismaël Traoré et Mohamed Sangaré, sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité.
Une demande de liberté empreinte d’émotion
À la barre, Soriba Soumah a lancé un appel direct au procureur spécial Charles Wright, sollicitant une mise en liberté provisoire. Visiblement affecté, il a invoqué sa situation familiale et son statut de cadre :
« Pour l’amour du bon Dieu, revoyez ma situation. (…) Permettez-moi de rester en famille et de venir répondre lors des audiences. Je ne vais pas fuir », a-t-il plaidé, insistant sur sa volonté de collaborer avec la justice.
La réponse ferme du parquet spécial
En réponse, le procureur spécial Charles Wright a réaffirmé la nouvelle orientation du parquet spécial, axée davantage sur la récupération des fonds publics que sur la détention systématique des mis en cause.
« La réussite d’un parquet spécial n’est pas le nombre de personnes détenues, mais que ce qui a été pris au compte de l’État revienne », a-t-il déclaré.
Il a toutefois laissé entrevoir une possible évolution de la situation judiciaire de l’accusé :
« Lorsque votre avocat va demander, nous allons revoir votre cas. Nous sommes convaincus quelque part que vous n’allez pas fuir ce pays », a-t-il ajouté.

