Le procès qui s’est ouvert ce mercredi aux États-Unis s’inscrit dans une vaste offensive judiciaire menée par près d’une trentaine d’États américains contre Meta, la maison mère de Facebook et Instagram. Au cœur des débats : la conception des plateformes et la question de savoir si le groupe a volontairement développé des fonctionnalités destinées à inciter les enfants et les adolescents à les utiliser de manière compulsive.
La Californie, accompagnée de trois autres États, dont le New Jersey, accuse Meta d’avoir mis en danger des milliers de mineurs, tout en ayant connaissance des risques potentiels liés à l’utilisation intensive de ses plateformes. Les autorités reprochent notamment à l’entreprise d’avoir minimisé ces risques auprès des parents et du grand public.
Les plaignants réclament jusqu’à 400 milliards de dollars de dommages et intérêts, une somme considérable qui illustre l’ampleur des enjeux de cette bataille judiciaire.
Un débat autour de la dépendance aux réseaux sociaux
Pour sa défense, Meta s’appuie notamment sur un argument scientifique : selon l’entreprise, il n’est pas possible d’établir juridiquement l’existence d’une dépendance aux réseaux sociaux en tant que trouble médical reconnu. Cette notion ne figure notamment pas dans le DSM, le principal manuel de référence utilisé par les psychiatres américains.
Mais une juge a déjà rejeté cet argument. Elle a estimé que le jury pouvait examiner les éléments scientifiques disponibles et se prononcer sur cette question.
Le débat ne consiste donc pas simplement à déterminer si les adolescents passent trop de temps sur Instagram ou Facebook. Il s’agit surtout de savoir si la conception même de ces plateformes contribue à une utilisation compulsive et si Meta connaissait les risques associés à ces mécanismes lorsqu’elle a conçu ses produits.

