Face au défi du chômage des jeunes, le Gouvernement guinéen entend engager un changement profond de sa politique de formation en privilégiant les filières techniques, professionnelles et scientifiques. Cette nouvelle orientation vise à mieux adapter les compétences des diplômés aux besoins du marché du travail et à accélérer le développement économique du pays.
Dans cette dynamique, les autorités encouragent les jeunes à s’inscrire davantage dans les Instituts universitaires de technologie (IUT), considérés comme des établissements offrant des formations professionnalisantes et favorisant une insertion rapide dans le monde de l’emploi.
Le ministre des Mines, Bouna Sylla, estime que cette évolution est indispensable pour rompre avec la logique de l’accumulation de diplômes sans véritables perspectives professionnelles.
« Les jeunes doivent être plus nombreux à choisir les IUT. En deux ans, ils obtiennent un diplôme qui leur permet d’accéder rapidement à un emploi. Même en France, ceux qui suivent des études techniques ont souvent davantage de chances d’être recrutés que certains diplômés de longues études universitaires. Nous devons éviter la simple accumulation de diplômes sans débouchés réels », a déclaré le ministre.
Pour le membre du Gouvernement, la Guinée se trouve aujourd’hui à un moment décisif de son développement et doit adapter son système de formation aux exigences de son ambition économique, notamment dans les secteurs de l’industrie, des mines, des infrastructures, de l’agriculture et des nouvelles technologies.
Sans remettre en cause l’importance des sciences humaines, Bouna Sylla plaide pour un rééquilibrage des filières afin de répondre aux besoins de transformation du pays.
« Regardez Singapour ou la Chine. En quelques décennies, ces pays sont sortis de la pauvreté parce qu’ils ont formé davantage de producteurs que de gestionnaires. Je ne dénigre pas les sciences humaines, nous avons besoin de toutes les compétences, mais il faut changer de paradigme. L’avenir de l’emploi est dans les filières techniques, scientifiques et technologiques », a-t-il affirmé.

