Le président directeur général du groupe Hamana, Mohamed Kourouma, a animé une conférence de presse ce samedi à la Maison de la presse. Au cœur de son intervention : la problématique persistante du manque de billets dans les banques guinéennes, un phénomène qui continue d’impacter le quotidien des citoyens et le fonctionnement des banques.
D’entrée, l’homme d’affaires a tenu à rappeler que cette crise ne date pas d’aujourd’hui et qu’elle nécessite une réponse concertée entre l’État et les citoyens.
« Aujourd’hui il y a le dollar dans les banques mais le franc guinéen n’y est pas. La crise-là impact tout le monde. On pense que c’est l’Etat qui a la solution à tout, si l’état fabrique aujourd’hui des billets comme beaucoup pensent, il aura inflation et toutes marchandises vont connaître une hausse. »
Selon lui, le problème trouve son origine dans le fonctionnement même du système bancaire, plutôt qu’au niveau des acteurs économiques de terrain.
« Problème de manque de billets est du au dysfonctionnement du système bancaire. Ce sont pas au niveau des commerces. L’argent qui sort des banques ne s’y retourne pas. C’est ça le problème. Le manque de billets dans les banques est un vieux problème qui a existé en Guinée depuis le premier régime. Le dollar qui était à 25f sous le régime de Sékou Touré est parti jusqu’à 11f aujourd’hui. »
Face à cette situation, Mohamed Kourouma préconise une responsabilisation collective et une modernisation des moyens de paiement.
« Il faut que l’état et les citoyens conjugue les efforts pour résoudre ce problème. Il faut qu’on fasse des cartes bancaires permettant d’acheter dans les marchés partout. Mais contrairement aux autres pays, en Guinée les achats se sont à travers le cash. C’est ça qu’il faut éviter.»
Par ailleurs, il s’est opposé à l’éventuelle mise en circulation d’un nouveau billet de 50 000 francs guinéens envisagée par la Banque centrale.
« La fabrication d’un nouveau billet n’est pas bon. Ça amène l’inflation. il faut habituer les citoyens à la monnaie électronique comme cela est le cas actuellement . »
Enfin, il a nuancé les accusations visant les commerçants dans la rétention de liquidités, tout en appelant à une meilleure bancarisation du secteur informel.
« Si le gouvernement dit que l’argent se trouve dans les mains des commerçants d’une part il a raison et de l’autre part ce n’est pas vraiment. Tous les commerçants doivent avoir leur compte bancaire pour éviter que le cash circule à flot. On a commencé à résoudre le problème parce que les gens commencent à accepter les monnaies électroniques . Il faut qu’on aille vite vers la bancarisation. »
À travers cette sortie médiatique, le PDG du groupe Hamana plaide ainsi pour une transition accélérée vers les paiements électroniques, perçus comme une solution durable à la crise de liquidités qui secoue le pays.

